Cette grande dame du théâtre et de la culture a dirigé quatre années durant l’Institut Français de Lubumbashi. Buzzz Magazine l’a rencontrée avant son départ.

BUZZZ Magazine : Françoise, pourriez-vous nous faire un bilan de votre passage à Lubumbashi ?

Françoise Balais : J’ai pu mettre en œuvre les missions de l’Institut Français, qui sont avant tout de permettr323A2581.jpge l’émergence des artistes. Il y a très peu de structures de diffusion, d’accueil, de création. Donc le contexte est difficile. L’objectif de l’Institut Français de Lubumbashi est de créer les meilleures conditions pour aider les artistes à travailler dans la continuité. Nous les avons accompagnés pendant 4 ans sur divers dispositifs, aller-retour entre la France, la Belgique et la RDC. Nous avons accueilli des artistes africains qui sont venus travailler avec les artistes lushois.

BM : Parlez-nous de la Halle de l’Étoile, quelle a été l’évolution en 4 ans ?

FB : Il y a eu beaucoup de travaux engagés au niveau de la structure. Il y a eu un gros investissement de la part de l’État français sur la rénovation des bâtiments, de l’administration et de la technique. Nous avons tout remis en ordre de marche. On a aussi beaucoup travaillé sur le scolaire avec un dispositif qui s’appelle l’École du spectateur. Quatre écoles sont venues pendant 2 ans, une dizaine de fois par an, voir des spectacles et parler art.

BM : Combien de personnes sont venues à la Halle de l’Étoile ? 

FB : Chaque année, tous domaines confondus, toutes activités confondues, avec la médiathèque, on a 30 000 personnes qui passent par l’Institut.

BM : Votre meilleur souvenir en 4 ans ?

FB : Indéniablement, c’est L’école des spectateurs. Les dialogues que nous avons eus avec les jeunes. J’ai trouvé cela passionnant.

BM : Un conseil pour la personne qui va vous succéder ?

FB : Maintenant que la structure est en état, il faut qu’elle veille à ce qu’elle 

reste en état. Ce n’est pas simple en RDC. Faire en sorte que les choses durent, c’est le meilleur conseil.

BM : Une caractéristique du Congo qui vous a marquée ?

FB : C’est d’abord tous les dispositifs d’empêchements. L’empêchement de tout et pour tout le monde. En particulier sur la possibilité de réaliser ses rêves. 

On parle beaucoup de sous-développement économique, de corruption, mais moi je pense qu’il y a un élément extrêmement important, c’est l’individualité. Malheureusement, elle est systématiquement bafouée ici.

BM : Après la République Démocratique du Congo, quelle est votre prochaine destination ?

FB : Je fais de l’art et je vais surement retourner à l’art. Je vais faire un doctorat en anthropologie politique à partir de cette phrase de Freud : « Tout ce qui favorise le développement culturel travaille contre la guerre et la violence. » J’aimerais approfondir cette idée-là d’un point de vue théorique.


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